Affaire Khalifa Sall : Tentative d’assassinat politique

L’homme à abattre : le maire de Dakar, celui qui depuis huit ans empêche le pouvoir en place de régner dans la capitale. Tentative d’assassinat du maire de Dakar récit d’une longue histoire.

2009 une nouvelle donne

Du jamais vu sous nos cieux, le maire de la capitale n’est pas du même camp que le parti au pouvoir. Khalifa Sall tête de liste de la coalition Benno Siggil Sénégal fait une razzia.

2012 alternance, le non moins ancien Premier Ministre et Président de l’Assemblée Nationale prend les rênes du pouvoir central, mettant KO son ancien mentor, Abdoulaye WADE

Une coalition des principales forces de l’opposition s’est formée autour de Macky Sall, le qualifié au second tour, pour mettre fin au régime de Wade. Après deux ans d’exercice de pouvoir, place aux élections locales en 2014, et il faut reprendre en main la capitale, symbole de domination politique. C’est sans compter sur Khalifa Sall, qui refuse la monture marron beige et décide de former sa propre coalition. Dès lors……

Les tireurs d’élites sont lâchés

Snipers

1. La Mimi, en son temps premier ministre de son état. Il est impératif de reprendre en main la capitale d’autant plus que le Parti au pouvoir n’est pas structuré et doit avoir une main mise sur cette zone primordiale. Elle est investie à Grand Yoff, bastion du maire de Dakar et dirige le front pour mettre fin à la domination de l’édile sur la capitale.

2. Les Ministres de la Républiques

Qui de mieux pour aller au charbon, que les ministres de la République, oui il faut bien mouiller le maillot montrer au chef que l’on mérite le poste. Ces derniers sont aux trousses des lieutenants de Khalifa Sall et dirigent des listes dans toutes les communes de Dakar.

3. Le constitutionaliste

Il est chargé de rédiger un nouveau code des collectivités locales sur mesure pour limiter les pouvoirs et le champ d’action de l’édile de la capitale. De son propre aveu après un an d’application, le code est à revoir.

Echec total de ces snipers politiques et constitutionalistes, mais il ne faut pas baisser les bras comme l’a proclamé le chef, il est impératif de maitriser la capitale et de mettre fin aux ambitions de l’édile de la Ville. Il faut trouver un nouveau tireur d’élite …..

4. La justice

Dans le domaine de la politique pas moyen d’abattre l’homme. Nouvelle tentative sur le plan judiciaire, cette fois ci. C’est l’entrée dans la danse du procureur de la république, himself… Ce dernier lors d’une conférence de presse le 3 mars 2017, aux allures de réquisitoire, ouvre les hostilités et condamne sans mesure le maire de Dakar. Pas de bénéfice du doute, pas de présomption d’innocence… COUPABLE PARFAIT.

Pour décrypter et comprendre ce que cache l’affaire Khalifa Sall, il est important de se défaire du tumulte médiatique pour poser à plat les raisons de cette affaire, en apprécier les mécanismes mis en branle pour abattre l’homme. Faire faire à la justice ce que la politique politicienne n’a su faire lors des joutes électorales de 2014.

Khalifa Sall a refusé de se ranger dans les rangs de son parti et de soutenir la coalition Benno Bokk Yakkar.

Premier acte de défiance : le référendum, le maire de Dakar appelle à voter NON et bat campagne dans ce sens.

Deuxième acte de défiance, l’élection au Haut Conseil des Collectivités Territoriales, le maire présente sa propre liste et gagne les trois places mis en jeux dans le département de Dakar.

Troisième acte de défiance, Khalifa Sall confirme sa participation aux élections législatives de 2017, alors que le Parti Socialiste va soutenir la liste de la coalition au pouvoir. A cela il faut rajouter les tournées à l’intérieur du pays pour la mobilisation de ses partisans et leur assurer sa participation à la campagne.

Il faut mettre fin à ce désir de l’édile de la capitale, il faut freiner cette ascension et briser la dynamique. Il est impératif de l’isoler, de brimer sa garde rapprochée, de ternir son image, pour l’atteindre.

Processus d’esseulement

#PrisonniersPolitiques

Ce sniper a tissé sa toile, et ce depuis le début de l’année. Le maire de la Médina, le Directeur de Cabinet et des proches du maire sont en mandat dépôt pour tentative d’assassinat au siège du parti socialiste. Le maire de la commune de Mermoz Sacré Cœur est en sursis.

Avant de tirer sur la cible principale il faut l’esseuler, il faut l’isoler et empêcher toute tentative de rébellion lors de sa mise à mort.

Trois mois après la neutralisation de ces lieutenants, l’attaque peut être lancée sur Khalifa Sall.

Pour Khalifa Sall « Cette affaire n’est pas une procédure judiciaire normale. Cela se voit avec cette convocation lancée quelques jours après une enquête de police menée tambour battant et à peine après la désignation d’un juge d’instruction, sans qu’il ait pris connaissance du dossier, sur la simple base d’un rapport de police manifestement à charge. »

Aujourd’hui le maire et ses collaborateurs sont sous mandat de dépôt, il est souhaitable que cette enquête avance vite, mais nous en doutons, il est beaucoup plus probable que cette campagne électorale va être conditionnée à cette enquête et aux velléités du maire de maintenir sa position de participer aux élections législatives ou pas.

La justice est instrumentalisée pour freiner l’ascension d’un opposant. Il fallait coute que coute ternir la réputation de ce candidat gênant et tracer un boulevard pour une majorité tranquille au parlement et une réélection du Président Macky Sall en 2019. Mais cette affaire met également au-devant la nécessité de la séparation des pouvoirs. Cette partialité de notre justice a pour conséquence le manque de confiance des Sénégalais envers cette dernière ce qui remet en cause les fondements de notre Etat de droit.

La question du mandat de dépôt systématique et abusif se pose également. Dans une république normal, dans un Etat de droit, la Justice doit nous protéger, c’est le dernier recours du citoyen lorsque ses droits sont bafoués, lorsque tout se sclérose. La justice ne doit point être inquisitoire !

Certains médias jouent le jeu et gagneraient à être plus respectueux, vis-à-vis notamment de la présomption d’innocence. Nous sommes aujourd’hui dans une présomption de culpabilité permanente. Leur manière de distiller l’information par rapport à des documents estampillés confidentiels au compte-gouttes sans être inquiétés aucunement est par ailleurs terrible. Cela nous plonge dans quelque chose de très malsain et nous conforte dans notre position.

Nous sommes conscients que ce tollé judiciaire n’a pas pour but la reddition des comptes encore moins la bonne gouvernance ou la légalité car si tel était le cas les rapports sur la table du Président serait transmis au procureur. La temporalité et la célérité de l’enquête ne font nul doute sur les velléités de ses auteurs à porter un coup fatal à la candidature déclarée de Khalifa Sall.

Les sorties multiples des responsables APR sur cette affaire nous renforce dans notre position TOUT N’EST QUE POLITIQUE ET ASSASSINAT POLITIQUE.

En conclusion, une seule certitude pour nous : la cible est touchée, blessure superficielle car étant celle de l’âme, aucun organe vital n’est touché seule une tâche sur la réputation construite à travers une gestion participative, inclusive et une reddition des comptes à tous les niveaux dans l’institution dirigée par le Khalifa Sall. Cette tâche qui s’en aucun doute sera lavée à grande eau.

Un seul mot d’ordre que les citoyens sénégalais s’inscrivent massivement sur les listes électorales pour être en mesure de jouer parfaitement leur partition.

#PrisonniersPolitiques

#SN2017KAS

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