SILENCE ON NOUS TUE

« L’État est une communauté humaine, qui, dans les limites d’un territoire déterminé, revendique avec succès pour son propre compte le monopole de la violence légitime », Max Weber Le savant et le politique

L’année 2018 est à graver d’une pierre noire dans l’histoire politico-sociale du Sénégal. Elle est tristement marquée par des pertes en vies humaines. Ces tragédies font suite à des arrestations et détentions musclées. Face à la réaction timide des populations, les dérives et autres bavures s’enchaînent.

Cependant, le sentiment d’injustice voire d’une justice à double vitesse se généralise. Force est de constater que notre police devient de plus en plus violente. Une situation qui soulève moult interrogations.

Le 23 avril 2018, Abdoulaye Timéra trouve la mort dans une collision entre le scooter qu’il conduisait et un véhicule de police qui roulait à contresens sur les allées des centenaires.

En Mai 2019 l’étudiant Fallou Sene trouve la mort à l’université Gaston Berger de Saint Louis lors d’une grève d’étudiants, réprimée par la gendarmerie qui, faisant fi des franchises universitaires, s’est déployée à l’intérieur du campus social.

A la Médina, le sieur Seck Ndiaye accusé de recel de tissu est arrêté par la police dans des conditions pour le moins obscures. Le certificat de genre de mort indique qu’il a subi un traumatisme crânien, de multiples lésions, une contusion cutanée pour un sujet porteur d’une cardiopathie et d’une pneumopathie préexistante et une hémorragie interne suite à des coups et blessures volontaires à l’aide d’un objet contondant..

Que dire de Pape Sarr embarqué par la police, torturé, brûlé, puis tué parce que accusé de vol de moutons.

Dans les geôles, dans la rue, lors d’interrogatoires …… le citoyen sénégalais ne se sent plus en sécurité. Cela est d’autant plus inquiétant que les auteurs de ces meurtres ne sont jamais inquiétés.

Le plus révoltant encore, c’est que ces morts ne découlent pas d’opération de sécurisation des populations, ni de volonté de protéger les citoyens d’actes criminels, qui justifieraient l’usage de la force légitime.

2018 année de bavures

Il est constant que tous ces cas sont symptomatiques de bavures policières. Il est tout aussi constant que pour tous ces cas les forces de l’ordre ont fait un usage abusif de la force

Comment trouver le coupable?

A l’ère des médias sociaux, le smartphone à lui seul sert de preuve, et aide très souvent à identifier clairement les auteurs de délits. Les policiers en sont conscients et leur premier réflexe désormais est de saisir cette technologie au moindre problème.

A noter qu’il est extrêmement difficile de prouver une bavure policière dans la mesure ou les faits se passent souvent à l’abri des regards dans les véhicules de polices ou dans les commissariats

Jusqu’au jour d’aujourd’hui, aucune sanction n’est infligée aux coupables pourtant clairement identifiés. Les familles des victimes, les citoyens ont l’impression que ces bavures sont tacitement acceptées par l’État du Sénégal, mais surtout par la hiérarchie de ces différents corps. C’est du moins le sentiment le mieux partagé au pays de la Téranga.

 

 

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