participation politique des personnes vivant avec un handicap

Au Sénégal, selon l’article premier de la loi d’orientation sociale N°2010-15 du 6 juillet 2010, par personnes handicapées : on entend « toutes les personnes qui présentent des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables dont l’interaction avec diverses barrières peut porter atteinte à leur pleine et effective participation à la société sur la base de l’égalité ».

Aujourd’hui nous sommes réunis à OSIWA pour échanger sur la situation et la participation citoyenne des personnes vivant avec un handicap. Une trentaine de participants essentiellement des représentants des organisations faîtières en matière de handicap de Dakar et des régions, de même que les organes de gestion des élections que sont la Direction Générale des Elections (DGE), la CENA, et le CNRA. 

Cette rencontre a pour objectif entre autres :

  • d’identifier les défis que rencontrent les personnes en situation de handicap dans l’expression de leur citoyenneté;
  • de connaître les obstacles à la jouissance de leurs droits civils et politiques, dont le droit de vote;
  • de distinguer les actions de plaidoyer auprès des organes de gestion des élections, des partis politiques et des médias pour un processus électoral inclusif;
  • de formuler des recommandations pour les élections présidentielle et locales de 2019 et des réformes dans le futur;
  • d’élaborer un document de référence sur les conditions idéales de participation civique quel que soit le handicap.

Nous sommes particulièrement interpellés sur la situation du handicap au Sénégal, l’effectivité de cette loi, et la participation citoyenne des personnes vivant avec un handicap.

8 ans après, quelle est la situation ?
La loi d’orientation sociale du Sénégal a 8 ans cette année, c’est l’heure du bilan et des perspectives en vue d’une meilleure prise en compte par les pouvoirs publics des personnes handicapées. Mais aussi rappeler, aux candidats déclarés pour la prochaine élection présidentielle, la nécessité de prendre en compte cette dimension dans la conception de leurs programmes.
Des statistiques fiables, un défi à relever
Selon l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie la prévalence du handicap est de 5,9% au Sénégal tandis que pour les personnes en situation de handicap elle est d’environ 15,5% de la population qui est estimée à 13.508.715 habitants. Ces différentes statistiques ne prennent en compte que l’aspect quantitatif et il serait opportun de réfléchir prochainement sur les aspects qualitatifs qui sont tout aussi importants.
Dans le cadre de la mise en œuvre effective de la loi, il était prévu la signature de :

  • 7 décrets
  • 5 arrêtés interministériels

pour garantir l’égalité des chances aux personnes en situation de handicap, ainsi que la promotion et la protection de leurs droits contre toutes formes de discrimination.

A ce jour, seul deux décrets sont effectifs :

  • la carte d’égalité des chances en 2012
  • l’approbation du programme national de réadaptation à base communautaire en 2018

La carte d’égalité des chances offre aux personnes handicapées des avantages multiformes relatifs à la santé, la réadaptation, l’éducation, la formation, les transports, les finances et à l’emploi.

il en a découlé :

  • 50.006 cartes d’égalité des chances qui ont été distribuées
  • 25.507 Bourses de sécurité familiale
  • 17.614 carte CMU
  • il est prévu 40.000 nouvelles cartes d’ici 2021, ce qui portera le nombre de carte d’égalité des chances à 90.000.

Pour une participation citoyenne effective des personnes vivant avec un handicap :
On ne peut parler de démocratie lorsqu’une frange importante de la population n’est pas prise en compte et à encore moins la possibilité de participer à la vie de la cité.

Vivre ensemble

Les personnes en situation de handicap au Sénégal font face principalement à un problème d’accessibilité :

  • aux soins de santé
  • à l’éducation
  • aux bâtiments et édifices publics qui ne sont pas aux normes, et comme l’a rappelé le Haut Conseiller des Collectivités Territoriales Monsieur Yatma Fall, il est primordial que ces aspects soient pris en compte dans les projets mis en œuvre à travers le plan Sénégal Émergent.
  • aux moyens de transport : très peu de bus disposent de rampe d’accès pour les personnes souffrant de handicap.
  • à la formation

participation politique
Les personnes vivant avec un handicap doivent pleinement participer à la vie politique et à la vie publique sur la base de l’égalité avec les autres, que ce soit directement ou par l’intermédiaire de représentants librement choisis, notamment qu’elles aient le droit et la possibilité de voter et d’être élues, et pour cela, il faut prendre en considération tous les aspects bloquant.

Les participants ont listé les obstacles pouvant freiner leur participation à la vie politique comme suit :

  • l’éducation
  • l’organisation
  • l’accès à l’information
  • les pesanteurs sociales, culturelles, socioculturelles

mais aussi les obstacles à la participation au processus électoral :

  • une bonne compréhension des procédures électorales
  • l’accessibilité des équipements et matériels électoraux
  • la protection du droit au secret de vote

la prise en compte des problématiques liées au handicap est primordiale pour créer des sociétés plus équitables et inclusives, dans lesquelles la participation de tous les membres est assurée.

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