le prix de la citoyenneté

SENEGALAIS ….

Je suis sénégalais parce que je dispose de la nationalité et de mes droits civiques et politiques.

Je suis sénégalais parce que je participe à la vie de la cité.

Je suis sénégalais parce que je choisis de mon propre chef d’être actif ou passif à la vie publique.

Je suis sénégalais parce que de façon quotidienne, je joue un rôle important dans la société à travers les associations, les syndicats, les partis politiques, les dahiras[1] etc pour faire évoluer ma cité, influencer, accompagner et venir en aide aux autres.

Toutefois, ma « SENEGALITE » prend tout son sens avec l’EXERCICE DE MON DROIT DE VOTE. C’est le moment où j’ajoute ma pierre à l’édifice car je décide des grandes orientations de la politique nationale.

S’il est vrai que la citoyenneté se compose de trois dimensions :

· des droits et des responsabilités,

· une accessibilité à ces droits et responsabilités et,

· un sentiment d’appartenance, c’est-à-dire une identité dans mon pays cette identité est PAYANTE

LE PRIX DE MA SENEGALITE

La carte biométrique de la CEDEAO

Les Etats membres de la CEDEAO ont décidé de mettre en place la carte d’identité biométrique, le Sénégal est le premier Etat à s’essayer à la mise en oeuvre car pour son Excellence Macky Sall «L’innovation technologique est telle avec cette carte biométrique, qu’aucune falsification n’est possible. Mieux elle est multi usages, et l’administration du ministère de l’intérieur pourra exploiter toutes les opportunités technologiques qu’offre cette carte, avec un usage multiple ». Le lancement officiel a été effectué ce 4 octobre à Dakar et au plus tard le 15 octobre dans les 45 préfectures que compte le pays. Les inscriptions dans la Diaspora débuteront en décembre 2016. Le fichier électoral actuel, constitué en 2005 au cours de la refonte totale contient 5 709 090 électeurs. Il faut noter que cette refonte partielle exige du citoyen une confirmation de son désir d’apparaitre sur le fichier électoral pour ne pas être radié. Malgré le fait que la loi portant code électoral en son article 42 dit :
« Un électeur inscrit sur la liste électorale ne peut être radié sans une décision motivée et dûment notifiée».

Les Sénégalais ont six (6) mois pour aller s’inscrire gratuitement au niveau des commissions qui seront mises en place. Passer ce délai, tout citoyen sénégalais désirant acquérir cette nouvelle carte devra payer 10 000 francs CFA (15,24 euros).

Ma « sénégalité » devient ainsi payante et si je n’ai pas de quoi payer dois-je devenir apatride ?

Retournement de situation depuis la déclaration du président certains sont montés au créneau pour défendre le contraire.

Selon le ministre de l’intérieur la carte sera bien gratuite comme cela à toujours été le cas.

Qui croire ?

Pour le responsable du PIT Ibrahima Sene membre de la coalition au pouvoir :

« je crois que c’est jouer à la politique politicienne que de ne pas comprendre que la déclaration que » la carte d’identité numérique n’était gratuite que pour 6 mois » , et  » qu’au delà elle coûterait 10.000frs » n’ était qu’une incitation à une inscription massive durant ces 6 mois, comme je l’ai dit et répété dans les échanges que j’ai eues avec toi. Le Ministre de l’Intérieur n’ a fait donc que couper court à une agitation politicienne sur la gratuité en espérant que , malgré tout, les sénégalais se départiront de leur mauvaise habitude de ne s’inscrire massivement qu’au dernier moment, en créant inutilement une situation de frustration à opposer au pouvoir. L’argument de  » projet de fraude » et  » d »exclusion délibérée d’électeurs dans ce but », devient maintenant sans objet, et démontre qu’il n’est fondé que sur des considérations politiciennes. » sur Facebook.

La problématique du Sénégal

En Juin 2017 devront avoir lieu les élections législatives au Sénégal selon l’article L.27: « sont électeurs les Sénégalais des deux sexes, âgés de dix huit ans accomplis, jouissant de leurs droits civils et politiques et n’étant dans aucun cas d’incapacité prévus par la loi. » Vouloir nous faire payer cette carte d’électeur est contraire à l’Article L.53 selon lequel

« L’Administration est chargée de l’impression et de l’établissement des cartes d’électeur aux frais de l’Etat. »

Son Excellence l’a dit et répété les élections auront lieu à date échue. Libre à tout un chacun d’y croire ou pas

.Mon avis est le suivant :

Hypothèse 1:

La refonte totale ou partielle du fichier électoral à moins d’un an des élections ne garantit pas la transparence, la sincérité et la fiabilité des prochaines élections

Hypothèse 2 :

Il y aura couplage des élections en 2019

Le ton est donné les partis politiques sénégalais étayent notre position avec les déclarations suivantes :

La coalition « Manko Wattu Senegaal » dans une correspondance adressée au Chef de l’Etat ayant pour objet : contentieux pré-électoral

« Cette rupture du consensus en matière électorale bien établi depuis un quart de siècle nous mène vers des lendemains incertains pour notre pays et notre peuple. »[2]

Pour la Plateforme « Avenir, Senegaal bi ñu bëgg » :

 » Sur la base de la moyenne actuelle de 150 enregistrements par jour, il faudrait pour finaliser le processus d’enrôlement – qui, dans l’exemple qui est donné, ne prend pas en compte ceux qui doivent s’inscrire pour la première fois – 1666 jours, soit plus de 4 ans et demi (y compris les samedis et dimanche) alors que nous sommes à 6 mois des élections législatives……A l’échelle du territoire national, et sur la base du total des électeurs inscrits de 5 312 588 et d’une moyenne de 152 enrôlements par jour, c’est 194 commissions qu’il faudrait installer. »[3]

10.000 pour être Sénégalais à part entière

Un des programmes phare de notre président est « les bourses familiales ». Ce dernier dans son programme de campagne lors de l’élection présidentielle disait vouloir contribuer à la lutte contre la vulnérabilité et à l’exclusion sociale des familles. Pour se faire, il a été mis à la disposition de 250.000 familles vulnérables des bourses de sécurité familiale de 100.000 francs CFA par an pour renforcer leurs moyens d’existence.

Quand on connait la taille des familles sénégalaises il est inimaginable de considérer juste un instant qu’un père de famille doive débourser 10.000 francs CFA pour disposer d’une pièce d’identité de même que sa famille. Alors que notre pays est censé garantir à tous les citoyens l’exercice de leurs droits et de leurs devoirs.

En monétisant la carte nationale d’identité notre pays exclut de facto ces citoyens que lui-même avait qualifiés au préalable de vulnérables.

Même si la loi 2016-27 dispose en son article 7 que : « Si des élections sont organisées avant la constitution définitive de ce fichier issu de la refonte, celles-ci se tiendront avec l’actuel fichier général des électeurs, mis à jour » nous estimons que la situation actuelle ne favorise pas la tenue d’élections transparentes.

Même si ma « sénégalité » ne se définit pas uniquement du point de vue juridique par la possession de la nationalité et de mes droits civils et politiques, elle se définit aussi aujourd’hui comme une participation à la vie de la cité. Etre Sénégalais devrait aussi englober certaines valeurs telles que civilité, civisme et solidarité.

[1] Organisation religieuse

[2] http://www.leral.net/La-lettre-envoyee-au-President-de-la-Republique-Macky-Sall-par-Manko-Wattu-Senegaal_a184685.html

[3] https://www.facebook.com/cheikhtidiane.dieye.77/posts/10154837963126907

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